On rebat les cartes... postales !

Publié le par l'Office de l'antitourisme de Grenoble

Une des huit cartes postales proposées

Une des huit cartes postales proposées

L'Office de l'antitourisme de Grenoble avait déjà dénoncé dans un tract (Comme un son de marchandisation - 2019) la politique de marketing territorial dans laquelle se sont engouffrés La Métro (Grenoble-Alpes Métropole) et le département (Alpes Is(h)ere). Depuis, la marque Alpes is(h)ere s'installe dans le paysage et continue ses publications gratuites (entendez payés par le contribuable) avec la sortie du 7eme numéro de son magazine. Cette communication publicitaire fait fit de toute contradiction et transforme tout en une vaste vitrine visant à attirer tout autant certains touristes, habitants, travailleurs et entreprises. Nous avons donc décidé de répondre à cette grande falsification par une série de cartes postales détournant les slogans de la marque. Vous pouvez retrouver ces cartes à Grenoble à la bibliothèque librairie Antigone au 22 rue des violettes (à prix libre) ou à la librairie Les modernes au 6, rue Lakanal (à 50 centimes). Vous pouvez par ailleurs désormais retrouver nos fanzines dans cette même librairie (à 2 euros).

 

Les cartes postales représentent en général les monuments et les clichés d’une région. Elles se focalisent sur les lieux mythiques, typiques que chacun peut reconnaître même sans s’y être rendu. Cependant, elles n’informent rien sur le lieu, ne disent rien de la vie des gens, des productions des entreprises, des politiques à l’œuvre. Au contraire, elles font fi de tout cela et enjolivent une réalité atemporelle et pacifiée : neutralisée. Positive et ensoleillée, elle participe à créer une vitrine pour le territoire, masquant par là même la réalité plus triviale qui s’y déroule. Renouer avec des cartes postales politiques, tel est le but de cette première série de huit cartes. Dénoncer autant la propagande des marques institutionnelles (Alpes Is(H)ere, Grenoble Alpes, etc.), que des projets d’aménagements et industriels. Elles ont pour fonction de renseigner les habitants tout autant que les personnes de l’extérieur sur la nature réelle des activités dont dépend le territoire. C’est donc porter à la connaissance des autres l’ineptie de la communication institutionnelle et commerciale, en détournant celle-ci pour dévoiler ses contradictions. En effet, Alpes Is(H)ere par exemple, montre autant les industries portées comme une « fierté » que la nature et les parcs Isérois. Ceci dans le but d’attirer des entreprises qui pourront s’appuyer sur le tissu industriel et de recherche grenoblois pour fonctionner en synergie, ou encore des travailleurs (ingénieurs principalement) intéressés par le cadre de vie et la possibilité de loisirs en montagne. Mais l’industrie est l’anti-nature et les personnes qui y travaillent participent à l’artificialisation du monde. Il y a donc là une contradiction indépassable et nous ne pouvons concilier économie et écologie comme le prétend le fameux « en même temps » de Macron ou bien le mariage de l’écologie avec l’économie de Yann Mongaburu [1]. Pour aller plus loin, nous pouvons même dire que la production de nature a un caractère industriel et économique. En effet, les parcs tout équipés, balisés, truffés d’interdits, de polices, entièrement voués à l’industrie touristique ne sont-ils pas eux aussi l’anti-nature ? Les fragments choisis par la propagande doivent donc être rassemblés et dénoncés. Il faut expliquer que la cuvette est cernée d’usines Seveso. Que Grenoble a un réacteur nucléaire expérimental en pleine ville (sur la presqu’île scientifique), que la cuvette grenobloise est un bassin industriel et non une métropole d’avance ou une ville en transition comme les écolos s’époumonent à le prêcher. Qu’il y a de nombreuses industries qui sont nuisibles de par leur nature même. Dans sa course au label, il faut bien rappeler que Grenoble, malgré la reconnaissance internationale en terme d'écologie [2], est une ville dont ses nombreux centres de recherches et bureaux d'études n’ont rien d’écolo-social [3]. Que le cadre de vie qui nous est présenté est donc falsifié dans une politique marketing territoriale pour faire venir des populations dûment choisies, c’est-à-dire qui rapportent en terme économique (touristes, ingénieurs, étudiants, retraités) [4].


Nous souhaitons que nos cartes soient le relais de certaines oppositions à Grenoble, ou en Isère, comme à la Buisserate où des jardins ouvriers vieux de 72 ans sont démolis à St-Martin-le Vinoux pour construire des logements[5], ou encore la lutte contre la construction de l’écoquartier de la ZAC Flaubert[6], ou celle contre le Center Parcs de Roybon (dont le projet est abandonné ; le dernier numéro (#13) de la revue d’opposition De tout bois paraitra en janvier aux éditions du monde à l’envers). Enfin, certaines de nos cartes critiquent plus généralement le tourisme. Toutes ces cartes constituent une invitation à aller plus loin, à s’intéresser à sa ville, à savoir ce qui s’y passe en faisant des recherches, des enquêtes critiques. Chacun peut reprendre l’idée à son compte, nous envoyer des suggestions de cartes ou de sujets, ou nous commander des cartes.
 
Des bons baisers de Grenoble,
 
L'Office de l'antitourisme
 Contactez-nous à anti-tourisme@riseup.net


[1] Le postillon numéro 57, Yann Mongaburu, une technocratie d’avance]
[2] La Commission européenne a par exemple attribué à la ville de Grenoble le titre de « Capitale verte 2022 ». (Daubé du 09/10/20).
[3] Lire : « L’université désintégrée, La recherche grenobloise au service du complexe militaro-industriel », Groupe Grothendieck, Le monde à l’envers, 2020.
[4] Une des cartes postales traite de ce sujet.
[5] Lire : Ici on déboise comme on tue, Le Postillon numéro 57, Automne 2020.
[6]A ce propos lire l’article ; Grenoble : On ne restera pas SAGES (à propos de la politique urbaine de la ZAC Flaubert publié sur squat.net le mai 31st, 2018.

 

Une autre de ces huit cartes postales proposées

Une autre de ces huit cartes postales proposées

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